Mémorial Opex: une sculpture à six porteurs sans cercueil

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C'est dans le parc André-Citroën (24 ha), inauguré en 1992, que sera installé le Mémorial aux soldats français tombés en opex. Leur nombre est estimé à plus de 600 (c'est ce qu'a dit François Hollande, mardi) mais il existe encore un flou que les services du Mindef tente de corriger.

Ce projet est né en 2011, suite au rapport du général Thorette. Il s'agit de rendre hommage à tous ceux qui sont morts pour la France dans les opérations extérieures auxquelles notre pays a participé depuis 1963. En six ans, le projet a connu quelques déboires et surtout bien des retards mais il est désormais sur les rails.

Le "Mémorial en hommage aux soldats morts pour la France en opérations extérieures" sera érigé dans l'ex-Jardin noir, désormais nommé "jardin Eugénie-Djendi" en hommage à une opératrice radio du Corps Féminin de Transmission d’Afrique du Nord, parachutée par les Services spéciaux d’Alger, déportée et exécutée à Ravensbrück.

Le sculpteur Stéphane Vigny a choisi une scène de portage de cercueil non-visible, avec six porteurs en bronze, des militaires en tenue, à échelle humaine (une femme et cinq hommes).

Il explique: "Les porteurs sont là, dans leur position et attitude très spécifiques. Seule particularité, dérogation à la réalité : il manque le cercueil. À la façon des cénotaphes, ces monuments aux morts qui ne renferment aucune sépulture, aucun corps, l’absence formelle du cercueil rend visible une autre réalité : la mort, la disparition, le manque, le poids de l’absence porté par les survivants."

Et l'artiste de poursuivre: "Pour ce monument, je souhaite reproduire une scène fortement évocatrice et ce, pour le plus grand nombre. Le portage du cercueil représente un rituel universel, connu de tous. Je trouve pour ma part qu’il fait partie des moments rituels qui expriment le mieux l’hommage aux défunts et la solidarité entre ceux qui restent. Le fait de représenter une scène de rite funéraire renforce selon moi l’idée d’une communauté unie, qui se rassemble autour de ses morts."

Cette sculpture fait partie d’un environnement destiné au recueillement et au partage du deuil. L'installation comprend tout d’abord l’inscription des noms des militaires morts dans les différents théâtres d’opérations extérieures, deux planisphères, deux dédicaces, le mât des couleurs, l’emplacement pour le dépôt de gerbe et, un revêtement spécifique pour le sol de la partie haute du jardin sur lequel sera installée la sculpture.

 

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Publication : mercredi 19 avril 2017