Suisse: aux armes, citoyens, et feu sur le projet de loi!

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Les Suisses votent dimanche par référendum sur une loi découlant de mesures antiterroristes de l'UE qui vise à durcir les conditions d'acquisition de certaines armes et à "combattre l’utilisation abusive d’armes". Ce projet est décrié par le milieu du tir sportif, très répandu dans le pays.

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Le gouvernement entend faire passer ce texte et explique qu'un rejet de la loi exclurait la Suisse des accords européens de Schengen et Dublin, "à moins que tous les Etats de l'UE et la Commission européenne acceptent de fermer les yeux". Une telle exclusion aurait des conséquences dans les domaines de la sécurité et de l'asile, mais aussi en matière de tourisme, et coûterait "plusieurs milliards de francs suisses par an", selon les autorités fédérales.

On lira ici les six points sur lesquels les autorités basent leur argumentaire en faveur de cette législation.

Les conséquences, selon le gouvernement, sur les détenteurs d'armes, sont résumées dans le tableau ci-dessous. Disons pour résumer, disons que la nouvelle législation ne prévoit pas de registre central, mais impose le marquage de tous les éléments essentiels d'une arme. Elle classe les armes semi-automatiques munies d'un chargeur de grande capacité dans la catégorie des armes dites "interdites", mais collectionneurs et tireurs sportifs pourront encore les acquérir en demandant une "autorisation exceptionnelle". Les collectionneurs et les musées devront désormais indiquer comment ils comptent assurer la conservation de ces armes "interdites", dont ils devront dresser la liste. Les tireurs devront eux démontrer après cinq ans puis dix ans qu'ils pratiquent régulièrement:

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En l'absence de registre fédéral, il est difficile de savoir combien d'armes circulent en Suisse. Selon le centre de recherches genevois Small Arms Survey, en 2017 en Suisse plus de 2,3 millions d'armes étaient aux mains de civils, soit près de trois pour 10 habitants, ce qui classe la Suisse au 16e rang mondial pour le nombre d'armes par habitant.

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Le lobby des armes ProTell (une "Société pour un droit libéral sur les armes" opposée systématiquement à toutes les restrictions supplémentaires à la législation existante sur les armes) combat activement ce projet.

Son combat est soutenu par les dizaines de milliers de Suisses qui font partie des clubs de tir.  En Suisse, où l'attachement pour les armes est façonné par la tradition d'une armée de miliciens gardant leur fusil chez eux, ces clubs sont nombreux et ils organisent des compétitions populaires et des fêtes de tir...

Les effectifs des clubs, associations et fédérations témoignent de l'engouement pour le tir sportif. Ainsi la Fédération sportive de tir suisse affiche 130 000 adhérents. Elle est ouvertement opposée au projet de loi fédérale (voir ses deux posters ci-dessus).

Elle est soutenue par l'Association fédérale de tir à l’arbalète (AFTA), l'Association Suisse de Match (ASM), la Communauté d’intérêts des collectionneurs d'armes suisse (CIC), ChasseSuisse, PROTELL, SwissArchery Association, l'Association suisse des armuriers et négociants d’armes spécialisés (ASA), la Fédération suisse de tir (FST), la Fédération suisse de tir dynamique (FSTD), l'Association suisse des sous-officiers (ASSO), la Swiss Clay Shooting Federation (SCSF), USS Assurances société coopérative (USS), les Arquebusiers de Suisse (VSV), l'Association Suisse des Tireurs sur Silhouettes Métalliques (ASTSM) etc.

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Publication : jeudi 16 mai 2019